Loukoum Mayonnaise

Soumis par HashtagCeline le dim 11/11/2018 - 15:17
"Cette histoire est inspirée de faits qui auraient pu être réels."
#OlivierKa

Je me souviens de Janis est folle… Pour ceux qui l’ont lu, j’imagine que vous vous en souvenez aussi. Ce roman m’avait dérangée mais aussi beaucoup plu.

Avec Loukoum mayonnaise, Olivier Ka y va moins fort. Il faut dire aussi qu'il s'adresse à un public un peu plus jeune.

Néanmoins, il ne nous ménage pas en nous invitant à suivre la lente et violente dégradation d'une situation familiale sur fond de quête identitaire, de racisme et de guerre entre grands-parents. Explosif !

#RésumonsUnPeu

 

Victor est un jeune garçon égyptien par son père et belge par sa mère. Cette dernière a quitté la famille sans explication et son père s’apprête lui aussi à partir à Alexandrie mais pour y travailler. 

Victor est alors confié à ses grands-parents maternels qui habite à Nivezé, en pleine campagne belge.

De temps en temps, ses grands-parents paternels qui habitent Bruxelles viennent lui rendre visite. 

Petit à petit, entre les deux côtés de famille, la tension monte autour de la question du rôle de chacun auprès de Victor mais aussi et surtout à cause de leurs différences culturelles. 

Au milieu de tout ça, complètement tiraillé, Victor ne sait plus qui il est ni même qui il doit être…

#ExtrêmeK

 

Ce roman est habile. Olivier Ka l’est avec ce récit. Il nous amène à réfléchir sur de nombreuses thématiques intéressantes.

Cette histoire débute pourtant plutôt simplement : un enfant mis en garde chez ses grands-parents. Mais tout est finalement bien plus compliqué qu’il y paraît. Alors que plus aucun parent n’est présent, Victor se retrouve pris au piège... par ses propres grands-parents.

Il devient l’enjeu d’une guerre de famille, d’origines et de sentiments. Il cristallise aussi toutes les rancoeurs, l'animosité latente et le racisme ambiant.

Victor a une double culture : arabe et belge. A vrai dire, avant que son père s'en aille, cela ne lui avait jamais posé le moindre problème. Et maintenant, tout est différent. Doit-il vraiment choisir ? Au fur et à mesure, à cause de ses grands-parents, il se sent obligé de le faire ou du moins, d'essayer...

Il tombe petit à petit sous emprise. C’est terrible car ces personnes qui sont normalement là pour veiller sur lui vont finalement se servir de lui et oublier qu'il est un enfant qui n'a pas à subir tout ça.

Et si au départ, l’amour qu’ils portent tous à Victor peut expliquer leurs réactions, très vite, c’est la rage et la haine qui les animent. Enfin, surtout les deux femmes, car les deux hommes tentent essentiellement de les canaliser l’une et l’autre…

Victor est un personnage très touchant. Son histoire l’est aussi. On sent toute la détresse qui l'habite et les questions qui le hantent. Il est complètement étouffé par l’amour des uns et des autres. Il entend beaucoup de choses, trop de choses sur les uns, les autres, les arabes, les belges, l’Egypte… D'un côté comme de l'autre, on lui fait les yeux doux, on lui mitonne des bons petits plats. Mais il est finalement perdu au milieu de toutes ces attentions qui ne sont pas forcément bienveillantes. Et lui, a-t-on cherché à savoir ce qu'il veut vraiment ? 

La guerre ouverte entre les deux couples de grands-parents est poussée à l’extrême. Si certaines scènes relèvent du Grand-Guignol, elles n’en restent pas moins effrayantes mais malheureusement révélatrices de certains comportements et façons de penser. On pourrait s’en amuser si Victor n’en était pas la triste victime.

Mais bon, on rit quand même, à d’autres moments. Cela permet aussi de désamorcer la tension présente.

Comme son titre, ce roman repose sur de fortes oppositions qui essaient de cohabiter : amour et haine, humour et sérieux, loukoum et mayonnaise, … 

Je suis véritablement conquise par ce court roman surprenant et percutant qui permet de réfléchir au racisme ordinaire, aux difficultés que peut poser une double culture dans notre société et qui invite aussi à s’interroger sur la place des grands-parents aujourd’hui.

 

Venez vite déguster (et aussi vous piquer la langue) avec cet étonnant Loukoum mayonnaise.

 

#PourQui?

 

Pour ceux et celles qui aiment les histoires de famille.

Pour ceux et celles qui ont deux pays.

Pour ceux et celles qui n’ont pas peur que tout dérape.

Pour tous et toutes à partir de 12 ans.

Coup de cœur !
Auteur
Collection
Editeur
Public
Date de sortie
Nombre de pages
147
Prix
12.00 €
Langue
Français
Image

#VosCommentaires

#OnContinue ?

Capitaine Papy
Un très bel album, une grande aventure et un joli message.
#capitainepapy, #benjidavies, #milan, #album, #deuil, #aventure
Radio Désastre Radio Désastre

"Charity vint toucher le cou de Griff. Griff attrapa le bras de son frère. Liés ainsi, la chanson se faisait de plus en plus présente, et Thomas vint se joindre à eux, leur enveloppa les épaules…
#radiodesastre, #jcgeiger, #auzouromans

Le Jeu D'Hiroki Le Jeu d'Hiroki

"Hiroki n'y croyait toujours pas : Kogen avait fini par se lancer. Mais comment ? C'était, en théorie, parfaitement impossible."


#lejeudhiroki, #ericsenabre, #didierjeunesse, #monmarquepageplus
C'était un accident
"Mon corps me lâche, mes jambes se dérobent sous moi, je me retrouve assise tandis que l'information se fraie un chemin jusqu'à mon cerveau avec peine car celui-ci la refuse en bloc."
#cetaitunaccident, #isabellelagarrigue, #librinova
Summer Kids
En cette rentrée, parmi toutes mes lectures, j'ai fait une belle rencontre : Mathieu Pierloot.
#summerkids, #mathieupierloot, #ecoledesloisirs, #mediumplus
Olélé Comptines du monde / Instruments du monde
Découvrez ces deux jolis livres à puces signés Cécile Hudrisier chez Didier Jeunesse.
#monpetitlivresonore, #olele, #comptinesdumonde, #instrumentsdumonde, #cecilehudrisier, #didierjeunesse
Titan noir
Florence Aubry est une autrice que j'aime beaucoup. Titan noir, comme je m'y attendais, m'a beaucoup remuée.
#titannoir, #florenceaubry, #lerouergue, #orque, #mauvaistraitement, #parcaquatique
Charles, 1943 Charles, 1943

"N'empêche, chaque soir, avant de s'endormir, il tire de sous son lit ses albums et se prépare à rêver de contrées inconnues, de peuples insoumis, de baobabs, de…
#charles1943, #florencemedina, #poulpefictions

La fée sous mon lit
"Le soir, avant que les rêves ne m'emportent, j'aime bavarder avec la fée sous mon lit."
#lafeesousmonlit, #rosalindebonnet, #didierjeunesse
Sauveur & Fils saison 4
Que vous ayez besoin ou non d'une thérapie, entrer dans le cabinet de Sauveur Saint-Yves vous fera le plus grand bien.
#famille, #psychologie, #hamster